Bonjour à tous, cher public ! Vous ne me connaissez sans doute pas. Ça tombe bien, moi non plus ! (Je parle à un ordinateur)
Le but de cette série d'article est de présenter les musiques que j'aime écouter, en essayant de balayer un peu le monde. Les plus filous remarqueront dans le titre une référence subtile à un jeu de société amusant et récréatif (mon personnage préféré c'est le suicidaire btw).
Sans plus de fioriture, commençons avec le pays préféré des membres de l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne : la Bulagrie.
En 1951, Philip Koutev fonde le Национален фолклорен ансамбъл „Филип Кутев“, et l'envie de ne pas traduire est extrêment forte. Me battant contre mes bas instincts, je me dois de vous dire qu'il fonde l'orchestre folklorique national Philip Koutev, sous la tutelle du ministère de la culture (bulgare du coup, si vous suivez). La musique que vous allez entendre est donc un des bienfaits du communisme !
On va commencer en douceur avec Bre Petrunko.
Il s'agit d'une chanson sur une petite fille qui danse (d'après la traduction bizarre trouvée sur internet). N'étant pas versé dans l'étude du Bulgare, je voudrais plutôt m'attarder sur l'aspect sonore. Déjà, on remarque une absence totale d'instrument : la musique folklorique bulgare se chante accapella, ce qui donne ces longues phrases musicales où la voix semble ne jamais se reposer. Il ne vous a pas également échappé qu'il y a uniquement des voix féminines. Ces voix peuvent atteindre des aigus très aigus (j'adore écrire vraiment) ce qui peut donner un côté un peu iréel. En fait les oeuvres occidentales se sont souvent inspiré des choeurs bulgares pour donner un côté ésotérique/alien... mais on en reparle après.
En attendant, une deuxième !
Un peu plus de précision sur le sens des paroles : il s'agit d'une chanson sur deux femmes qui se cachent du soleil dans les bois. Alors euh, il faut savoir (je viens de l'apprendre) que la forêt a une signification particulière pour les bulgares, parce que beaucoup de mouvements révolutionnaires s'y sont cachés (la Bulgarie s'est battu contre l'Empire Byzantin, puis l'Empire Ottoman, puis la Serbie et la Grèce et les Nazis et bref ça fait beaucoup). De tels mouvements révolutionnaires incluent l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne (qui se battait pour que l'actuelle Macédoine du Nord soit bulgare) ou les résistants communistes pendant la seconde guerre mondiale. Je viens de faire un fusil de tchekov comme un chef, je m'applaudirai preque.
Vous noterez que les chansons bulgares ont des rythmes très différent des notres, ce qui rajoute au sentiment de décalage (jeu de mot ?)
Je vous avait parlé d'inspiration occidentale, voilà donc un exemple d'une musique reprise par un célèbre compositeur japonais (mon pays occidental préféré) :
Vous avez reconnu ? Probablement pas, vous avez sans doute regardé la vignette juste en dessous, filous.
C'est effectivement Kenji Kawaii qui s'est inspiré des choeurs bulgares pour la bande originale de Ghost in the Shell, ce qui donne cette musique fantastique pour l'une des meilleures scènes de l'animation japonaise.
La musique folklorique bulgare a été une inspiration de nombreux artistes (Paul Simon, Kate Bush, David Bowie entre autres selon wikipedia) quand elle n'a pas carrément été utilisée telle quelle en sample, dans Parasite Eve de Bring me the Horizon (Ergen deda peut être entendue au début). La liste est tellement longue que je vous invite à vous renseigner si certains sons vous paraissent familiers.
Ce sera tout pour moi, je vous laisse avec un de mes petits favoris : svatba, le mariage. C'est l'histoire d'un mariage, si si, je vous jure.
En attendant, passez une bonne semaine, et faites des manifs.
Très sincèrement votre,
Gabriel